Présentation
L’astrophyllite est un silicate de potassium, de fer et de titane rare dont le nom, dérivé des mots grecs signifiant «étoile» et «feuille», rend compte de son aspect le plus saisissant : des cristaux en forme de lames, de couleur bronze à dorée, qui rayonnent vers l’extérieur en gerbes semblables à des étoiles. Mises en valeur sur un fond de feldspath foncé ou de quartz fumé, ces lames aux reflets cuivrés et dorés font de l’astrophyllite l’un des minéraux les plus ornementaux parmi les minéraux rares des roches alcalines ; ses plaques polies sont très prisées dans le commerce de la lapidaire et de la métaphysique. Elle a donné son nom au groupe des astrophyllites, une famille de titanosilicates complexes, et a été décrite pour la première fois en 1854 sur une île du sud de la Norvège.
Composition et structure
L’astrophyllite est un silicate hydraté de potassium, de sodium, de fer et de titane, généralement noté K₂NaFe₇Ti₂Si₈O₂₆(OH)₄F ou, sous sa forme classique, (K,Na)₃(Fe,Mn)₇Ti₂Si₈O₂₄(O,OH)₇. Le manganèse se substitue couramment au fer, et plusieurs membres apparentés de ce groupe se distinguent par les cations qui prédominent. Sur le plan structurel, il s’agit d’un titanosilicate en couches constitué de feuilles de tétraèdres de silice reliés par du titane et du fer, ce qui lui confère un caractère intermédiaire entre les silicates en chaîne et les silicates en couches. Cette structure en couches lui confère un clivage parfait, semblable à celui du mica, ainsi qu’une tendance à former des lamelles fines d’aspect souple, bien qu’il soit plus cassant que le véritable mica.
| Formule | K₂NaFe₇Ti₂Si₈O₂₆(OH)₄F |
| Système cristallin | Triclinique |
| Dureté de Mohs | 3 à 4 |
| Éclat | Submétallique, nacré à gras sur les plans de clivage |
| Couleur | Jaune doré à bronze, brun, parfois avec des reflets verdâtres |
| Localité-type | Île de Laven (Laaven), fjord de Langesund, Norvège |
Formation et occurrence
L’astrophyllite est un minéral caractéristique des roches ignées peralcalines, c’est-à-dire celles qui présentent une teneur exceptionnellement élevée en sodium et en potassium par rapport à l’aluminium. Elle se cristallise dans les syénites néphéliniques, les granites alcalins et les pegmatites qui leur sont associées, où le magma est enrichi en titane, en zirconium et en éléments rares. Dans ces environnements, elle se développe aux côtés de l’égirine, de l’arfvedsonite, de la néphéline, de l’eudialyte, du feldspath et du zircon. Ces complexes peralcalins étant eux-mêmes rares, l’astrophyllite se limite à un nombre relativement restreint de massifs alcalins classiques à travers le monde.
Identification et espèces similaires
L’astrophyllite se reconnaît à sa couleur bronze-or, à son éclat submétallique à nacré, à sa faible dureté (de 3 à 4) et à ses agglomérats cristallins rayonnants et en forme de lames, caractéristiques de ce minéral. Le clivage micacé et l’éclat doré peuvent faire penser au mica phlogopite ou au minéral apparenté qu’est la lamprophyllite, mais la couleur distinctement bronze, presque métallique, de l’astrophyllite et ses agrégats en forme d’étoile sont généralement déterminants. Elle est plus tendre et plus cassante que les variétés de mica bronze qui lui ressemblent à première vue, et le fait qu’elle se trouve exclusivement dans les roches alcalines, aux côtés de l’égirine et de l’eudialyte, constitue un indice contextuel fort.
Localités notables et collecte
Au-delà de la localité type norvégienne du district de Langesundsfjord, les plus beaux spécimens proviennent d’une poignée de complexes alcalins célèbres : les massifs du Khibiny et du Lovozero de la péninsule de Kola en Russie, le mont Saint-Hilaire au Québec, le batholite de Pikes Peak au Colorado et les roches alcalines du Groenland. La plupart des spécimens proposés aujourd’hui sur le marché sont des astrophyllites de couleur bronze issues de granites peralcalins, taillés en sphères, cabochons et plaques afin de mettre en valeur leurs lamelles rayonnantes. Il convient de manipuler ces spécimens avec précaution, car ce minéral est tendre et son clivage parfait rend ses fines lamelles susceptibles de s’ébrécher facilement.